lundi 22 mai 2023

Du Zen et des Arts Martiaux

 

Beaucoup de gens ont du mal a comprendre comment quelqu'un peut pratiquer le zen et les arts martiaux. Ils voient une opposition entre le bouddhisme, voie de la paix et les arts martiaux, voie de la guerre.

 

En 1868, la restauration Meiji abolit au Japon la dictature militaire du shogunat Tokugawa et la classe des samourai.

Selon qu'ils furent crees avant ou apres cette restoration Meiji, les arts martiaux japonais peuvent être classés en 2 groupes :

  1. Les arts Koryu datent d'avant la restauration Meiji. Ce sont les techniques et stratégies de combat originales propres à un clan. Leur but principal était d’assurer la survie d’un clan. Il ne s'agissait pas de développement personnel mais de tuer ou de neutraliser un ennemi. Ainsi leurs noms se termine souvent par le terme "jutsu". Ju Jutsu, Kenjutsu, Aikijutsu…

  2. Les arts Gendai ont été développés après la restauration Meiji pour être enseignés à tous les membres de la société japonaise. Bien qu’enracinés dans les arts Koryu et que certaines des techniques qu'ils utilisent puissent être mortelles, les arts Gendai sont davantage axés sur le développement personnel. C'est pourquoi leurs noms se terminent souvent par "do". Judo, Kendo, Aikido...


Considereant que les arts Gendai sont une méthode de développement personnel, il est facile de comprendre comment la pratique leur pratique peut être conciliée avec celle du bouddhisme.

Il est plus difficile de comprendre comment les arts Koryu, développés non comme un art, mais comme des techniques visant a neutraliser - souvent en le tuant - un adversaire, le sont.


Dans "The Kyosaku", Matsuoka Roshi raconte l'histoire d'un Ronin (samouraï sans maître) qui, en arrivant dans un village au milieu de la journée, sentit que quelque chose ne tournait pas rond. Personne aux champs, des rues désertes, on n’entendait même pas les rires des enfants

Ayant fait le tour du village le ronin arriva devant une belle maison. Plusieurs personnes étaient la, qui lui apprirent qu'un voleur, pris en flagrant délit de vol dans cette maison, s’y était barricade et y retenait a présent un enfant en otage.


Le ronin alla voir le prêtre du village. Il lui demanda de lui raser la tête et de lui prêter sa robe. Ainsi il ressemblerait a un moine. Il se rendit alors chez le voisin, y prit 2 bols de riz fumant, puis pénétra dans la cour de la maison où l'enfant était retenu en otage, portant les 2 bols de riz devant lui.

Arrivé devant la maison, lorsque le voleur lui demanda ce qu'il voulait le ronin lui dit qu'il apportait un bol de riz pour l'enfant et un pour lui.

Le voleur le laissa entrer.

On entendit un bruit sourd et un grognement, et le Ronin ressortit avec l'enfant vivant.

Il avait jeté le riz brûlant au visage du voleur et l'avait tué avec son sabre.


Katsujinken est le sabre qui donne la vie. Il se manifeste dans l'autonomie, la simplicité, l’intrépidité et la compassion dont fit preuve le Ronin. Ce savoir faire qui va bien au delà de la maîtrise technique, c'est l'esprit du Zen.


Note: Cette histoire est également racontée au début du film "Les sept samouraïs" d'Akira Kurosawa.

 

 

 


 

Aucun commentaire: